La permanence des cycles naturels

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Vers 1900, une des sources du parc Léopold, elle est toujours visible à ce jour.

Dans un des quartiers les plus densément construits de Bruxelles, le parc Léopold est un des rares secteurs à avoir sauvegardé au niveau local un certain nombre des cycles naturels dont celui de l’eau. La pluie infiltrée dans les sables du haut de la colline, arrêtée par les limons du fond de la vallée, ressurgit dans les sources et les résurgences qui alimentent encore le grand étang du parc. Si vous y prêtez suffisamment attention, vous pourrez observer aussi la présence discrète du renard, le foisonnement généraux de la clématite et le bourdonnement de l’abeille sauvage.

Vers 1750, la chaussée de Wavre et le village d’Etterbeek, l’actuel parc Léopold est à la gauche.

Vers 1750, la chaussée de Wavre et le village d’Etterbeek, l’actuel parc Léopold est à la gauche.

Le parc Léopold est encore entouré d’un réseau de voiries historiques constitué par des chaussées (Wavre et Etterbeek) et d’anciens chemins vicinaux (Wiertz, Vautier, Jenner). La topographie naturelle de ce secteur n’a donc pas été trop atteinte par les chantiers de construction, les campagnes de terrassement et les remembrements fonciers ininterrompus depuis 1850 dans le quartier Léopold.

Vers 1850, l’atelier d’Antoine Wiertz à partit de la rue Wiertz, le parc Léopold est à l’arrière.

Vers 1850, l’atelier d’Antoine Wiertz à partir de la rue Wiertz, le parc Léopold est à l’arrière.

Dans ce dessin de Guillaume Vanderhecht, le sommet de la colline qui surplombe le parc Léopold est occupé par l’atelier du peintre Antoine Wiertz et les carrières de sable qui alimentaient les chantiers du Quartier Léopold en cours d’urbanisation. Les constructions qui verront le jour sur le versant ouest de la rue Wiertz tireront parti de ces excavations pour installer de plain-pied avec la voirie de nombreux atelier de tailleurs de pierre. Ils profiteront aussi de la proximité avec les clients bourgeois du Quartier Léopold et avec le chemin de fer qui permet d’acheminer à moindre frais les lourds blocs de pierre. Cette communauté de sculpteur réalisera, entre autres, les décorations du palais de la Bourse et accueillera des artistes à leurs premières armes et parmi eux jeune Auguste Rodin.

La villégiature

Vers 1850, d’après le relevé de la propriété du chevalier Dubois de Bianco au moment de son achat.

Vers 1850, d’après le relevé de la propriété du chevalier Dubois de Bianco au moment de son achat.

Nous sommes en possession de nombreux documents documents qui nous permettraient de décrire des situations plus anciennes. Nous commençons cependant la description cartographique du parc en nous par la restitution de la villégiature du chevalier Dubois de Bianco au moment de sa vente en 1848 à une société d’actionnaires en vue de constituer en 1851 la ‘Société royale de Zoologie, d’Horticulture et d’Agrément de la Ville de Bruxelles’.

« C’est un parc de 8 hectares, un ravissant dédale de sites pittoresques et de sentiers ombreux ; un jardin accidenté, mystérieux, plein de caprices, montant et descendant, ici s’élevant sur un large plateau qui domine tout Bruxelles, là se baignant dans des sources vives, en un mot, une protestation vivante et victorieuse contre l’angle droit et les mathématiques… » (L’Indépendance belge du 27 aout 1851)

Sur le plan on constate néanmoins qu’une partie du terrain était encore cultivé (champs labourés, potager et verger) et qu’un certain nombre de constructions sur les rives du Maelbeek abritaient fermes, moulins et manufactures traditionnellement présentes en fond de vallée. L’aménagement des espaces d’agrément s’inscrit sinon dans la tradition désormais très rependues du jardin paysager anglo-chinois.